| J'étais
en quatrième année, à l'école primaire,
et je faisais obligatoirement partie de la chorale. Nous étions
à répéter sur scène quand la maîtresse
(on dirait enseignante de nos jours) me confia une tâche qui
allait tout changer. Elle chercha à améliorer sa chorale
en m'empêchant de chanter et en me déplaçant en
coulisse près des cordons des rideaux et de l'éclairage.
Quel succès, ce fut probablement son meilleur acte pédagogique.
L'amélioration de la performance d'ensemble fut remarquable.
Les chansons étaient un peu moins fausses mais je n'étais
pas pour rester à ne rien faire. Soudain, les rideaux s'ouvraient
et se fermaient à chaque pièce, selon le sens du «
timing » que je ressentais; l'éclairage en couleurs variées
suivait le ton de chaque chanson: bleu pour « Au clair de la
lune » et rouge pour « Ah! les fraises et les framboises
». Au moment des salutations, je me suis aperçu que j'étais
vraiment en contrôle. Les rideaux s'ouvraient, il fallait saluer
et quand ils se fermaient, tout était fini pour la chorale
et mademoiselle Mayrand avait beau continuer à diriger, je
contrôlais. |
L'anecdote enseigne plusieurs choses.
D'abord, que les rôles variés (auditeurs - chanteurs -
contrôleur) contribuent à une réalisation d'équipe
de qualité supérieure à ce qui aurait été
possible sans la collaboratioon de ces ressources. Si on applique cela
au projet actuel, il faut remercier les agents facultaires et universitaires
qui ont rendu disponible l'argent nécessaire à cette mise
en uvre. L'auteur-professeur avait préparé le contenu
mais l'équipe en a permis la réalisation. L'anecdote enseigne
aussi que le contrôle et la liberté sont deux paramètres
qui vont de pair en éducation comme dans la vie en général.
L'un et l'autre sont autant un droit qu'un pouvoir. Ce n'est pas parce
qu'une entreprise pédagogique utilise des technologies puissantes
comme l'imprimerie et Internet qu'elle doit être asservie par
la technologie. Au contraire, il faut éviter d'être entraîné
dans le courant qui fascine et la puissance technologique. Il faut rester
en contrôle. Il ne faut pas fermer les rideaux au milieu d'une
chanson. Là, mademoiselle Mayrand ne serait pas contente et il
faut la comprendre. C'est un danger constant. Il faut éviter
l'abus qui prend souvent l'excuse d'un mal à propos. Combien
de professeurs ont suivi aveuglément leur manuel comme séquence
de leur enseignement, combien de professeurs s'apprêtent à
se fier aux technologies numérisées? Ils ont de nouveaux
rôles avec cette technologie mais il ne doivent pas abdiquer leurs
autres rôles pour autant. Actuellement, les technologies ont la
cote et ce n'est pas la peur d'un « bug » ou d'une perte de
contrôle qui doit nous empêcher d'en user à condition
de rester conscient et gérant de cette puissance toujours à
apprivoiser.
Enfin, ces mots sont insuffisants. Pour
connaître avec nuance la pensée de l'auteur, il faut parcourir
le site et réfléchir sur les voies variées qui
sont proposées.
Un grand merci à tous les collaborateurs
et aux organismes partenaires.
Générique
Responsables
du projet:
Thérèse Laferrière et Jacques Rhéaume
Auteur et professeur:
Jacques Rhéaume
Illustrateur
et réalisateur du site:
Patrick Plante
Graphiste:
Julie Boulanger
Musicien compositeur:
Jean Cloutier
Éditrice,
évaluatrice et auteure auxiliaire:
Martine Rhéaume
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