L'oralité,
depuis la langue et ses
effets jusqu'aux nouvelles technologies. Ce module propose une
révision des étapes du développement de la
langue chez l'humain pour être, pour s'exprimer et pour
communiquer. On considère la puissance de la langue pour
la représentation et pour l'action. On rappelle les caractéristiques
du média, son éphémérité, sa
légèreté, sa disponibilité, sa nécessité,
sa dépendance du temps qui passe. Toutes les grandes aspirations
humaines ont d'abord été réalisées
et conservées dans des récits, des rites, des dictons,
des paroles magiques, avec des techniques appropriées au
souvenir. Pour persuader, les anciens ont inventé la technique
ou l'art de bien parler, c'est la rhétorique. On connaît
encore l'art de la conversation, la disposition de la classe pour
l'enseignant qui parle et les élèves qui écoutent,
les auditoriums pour les grands rassemblements.
Mais
on connaît de plus en plus les technologies de l'oralité
seconde qui sont centrées sur la personne: l'amplification
de salle, le mégaphone, le téléphone, le
téléphone cellulaire, la radio, l'audio de la télé,
les balladeurs, les boîtes vocales, les magnétophones,
les CD, la téléconférence.
Quelle
est la plus vieille technologie personnelle et sociale?
Une
technologie naturelle et artificielle
Naturelle -- parce que l'humain est anatomiquement
constitué pour l'utiliser.
Artificielle
-- parce que l'humain doit l'apprendre et il en existe plusieurs
versions!
La
langue, les langues, alors vous en parlez combien?
Pas
juste une quand même! En Amérique, il y a 4 langues
principales. On retrouvre dans l'ordre: anglais, espagnol, portugais,
français.
La
maîtrise d'une langue est la clé de tout apprentissage.
Pas surprenant que toute l'école primaire et secondaire
soit consacrée à cet apprentissage de base.
LA
BOUCHE ET LES OREILLES
Tout
humain est constitué pour utiliser une haute technologie :
il a l'usage de la parole... L'humain a un appareil d'élocution
et d'écoute. Avec sa bouche et ses oreilles, il est disposé
à acquérir la parole et à utiliser la technologie
du langage tant pour s'exprimer à lui-même, pour apprendre
que pour communiquer.
Très
tôt, le bébé commence à acquérir
la technique, il passe du cri et des pleurs au langage articulé.
Il apprend une langue, il refait en bref ce que l'humanité
a réalisé depuis des siècles, il se bâtit
une langue dans la tonalité, les mots et la syntaxe de son
environnement. C'est tellement important qu'on y consacre à
bon droit une bonne partie du temps scolaire sans toujours atteindre
des succès acceptables. Ceux qui conservent des déficits
à cet égard demeurent souvent dépourvus pour
la vie. Ils deviennent des analphabètes fonctionnels. À
des degrés divers, on retrouve des déficients du langage.
Par exemple dans l'élocution par une prononciation souvent
grasse, par l'ajout de mots inutiles (par exemple : « you know
», en anglais, ou de sacres au Québec), par un débit
rapide trop familier et régional pour susciter la communication.
LES
PUISSANCES DU LANGAGE
La
parole exprimée par la technologie de la langue possède
des puissances et de l'efficacité:
1-
Représentation, 2- création ou action,
3- construction et
4- échange
Plus
loin, on va retrouver un calque de toutes ces puissances dans l'ordinateur,
avec les nuances appropriées.
1-
D'abord la représentation. La parole et la langue comme
technique nomment les choses, les personnes, les états d'âme,
les sentiments. Représenter c'est garder pour son esprit dans
des sortes d'images intérieures quelque chose qui est ordinairement
à l'extérieur de soi. Le monde entre en soi si l'on
peut dire. On est le gérant d'un microcosme.
2-
Ensuite, c'est la 2è puissance, la parole sert à
créer l'action pour soi et les autres; ex: je peux me dire
« je me lève », ou dire à quelqu'un «
va me chercher un verre, une assiette, etc. »
3-
Dans le même sens, la parole et la langue sont des véhicules,
des techniques de construction, de mise en commun.
La
langue autorise tout mais son absence bloque tout: le dialogue,
la construction, etc. Le récit classique de la tour de
Babel illustre ceci.
Tout
le monde se servait d'une même langue et des mêmes
mots... À Shinéar, on se dit «faisons des
briques et cuisons-les au feu.» La brique leur servit de
pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent: «
Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre
les cieux! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés
sur toute la terre! »
Yahvé
descendit voir la ville et la tour. Yahvé dit: «
Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue,
et tel est le début de leurs entreprises! Maintenant,
aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons,
descendons et là confondons leur langage pour qu'ils
ne s'entendent plus les uns les autres. » ... Les habitants
se dispersèrent et leur langage fut confondu par toute
la terre. On nomma la ville Babel.
Note:
Ce récit vient du livre de la Genèse, chapitre
11, versets 1-9. (Babel signifie confondre mais Babylone signifie
porte de dieu)
Que
veut dire le récit de Babel
À
Babel, tout allait bien et la confusion des langues a été
provoquée pour créer du trouble, pour couper le dialogue.
Les ententes et les mésententes, on connaît cela encore
de nos jours. Confondre les langues, c'est nuire à la connaissance.
La langue est le début de la science; l'écriture en
assurera la continuité.
4-
Enfin, la langue peut susciter la communication, l'échange.
Les premiers besoins de partager des langues communes viennent du
commerce où les fournisseurs de divers pays doivent négocier
ensemble.
La
langue pidgin
Au
17è s., les européens voyagent sur les mers et
finissent par rencontrer des peuples dont ils ignorent la langue.
Pour les besoins d'échanges de base et d'échanges
de marchandises ils utilisent une langue de touristes, le pidgin
qui a donné naissance aux divers créoles souvent
formés de deux syntaxes et de deux morphologies combinées
de la manière la plus simple possible.
Le
pidgin est essentiellement formé de noms et de verbes,
si on oublie les gestes et les comportements dans les situations
concrètes qui viennent préciser le sens de la
conversation. Montrer un objet, s'entendre sur un nom à
lui donner et ensuite énoncer un verbe à l'infinitif
peut réussir dans une situation de commerce ou d'échange
à portée touristique. Cette langue vite apprise
n'est pas très subtile et réussirait difficilement
à exprimer des abstractions, des généralités.
On
peut interpréter le pidgin comme le mode d'échange
que l'on va retrouver en informatique, comme on le voit plus
loin. Les menus et les icônes sont comme des « noms
» (en analogie avec des objets dans les étalages),
la souris qui se promène établit la sélection
et le clic de la souris devient le « verbe » qui ordonne
l'action.
Les
caractéristiques de la technologie de la langue
La
capacité d'élocution et d'écoute chez l'humain
fournit un indice naturel de la prédisposition à l'élaboration
d'une technologie adaptée. La langue utilise ces capacités
naturelles. Elle fait bien de profiter de cette capacité unique
car pour toutes les autres technologies qui vont se développer
par la suite, c'est la technologie qui va devoir s'adapter aux divers
sens humains et non l'inverse comme on va le voir dans l'étude
de l'interface. Ex. On a beau fabriquer des téléphones
de plus en plus petits, la distance moyenne entre la bouche et l'oreille
demeure une contrainte que l'appareil doit respecter.
La
langue est une haute technologie avec une syntaxe très évoluée,
un vocabulaire étendu, subtil, adaptable au monde réel
comme aux abstractions et aux chimères. La langue possède
donc des potentialités formidables comme technologie de l'information
et de la communication. Or elle existe en plusieurs versions selon
les cultures et en plusieurs variantes de vocabulaire et de prononciation
selon les régions.
Shibbolet
ou Sibbolet
Guerre
entre Éphraïm et Galaad (Dans la Bible, au livre
des Juges, chapitre 12, verset 6)
Les
gens d'Éphraïm passèrent le fleuve du Jourdain
à gué... Puis Galaad coupa à Éphraïm
les gués du Jourdain et quand les fuyards disaient «
laissez-moi passer », Alors ils lui demandaient, es-tu
Éphraïmite? S'il répondait « non »,
alors ils lui disaient: « Eh bien, dis Shibbolet ».
Il disait Sibbolet car il ne pouvait prononcer correctement.
Alors on l'égorgeait...
Interprétation:
Tout
est dans le mot de passe (souvent utilisé en informatique)
mais dans ce récit la prononciation réussie devient
le passeport.
Shibbolet,
signifie le courant d'un fleuve.
LISTE
DES CARACTÉRISTIQUES
DE L'ORALITÉ PRIMORDIALE
Média
léger, sans appareil pour l'affirmation de soi à
soi et de soi aux autres.
Média
éphémère, sans traces, les paroles s'envolent.
Un média sans mémoire. La mémoire est dans les
personnes.
Média
qui a des effets dans un autre domaine sans causalité matérielle
comme l'obligation de réagir aux ordres.
Média
séquentiel. Il se déroule dans la durée :
du mot sec au discours fleuve, il faut prendre du temps et exprimer
un élément à la fois.
Média
sans repère temporel parce que sans trace. La vie est un
éternel retour et recommencement (tel que dit dans les vieilles
philosophies).
Média
de présence: le bouche à oreille. L'orateur et l'auditeur
doivent se retrouver dans le même lieu et échanger sur
des sujets communs.
Médiad'environnement. Il faut du silence relatif et élever
le ton au-dessus du bruit d'ambiance. C'est important en classe.
Média
d'auteur: assurance, il donne foi, son allure assure sa crédibilité.
La présence de l'auteur donne confiance.
LES
FONCTIONS DES
CARACTÉRISTIQUES DE LA LANGUE ORALE
Ces
caractéristiques de la technologie générale de
la parole se retrouvent dans certaines fonctions qui sont bien connues:
1-
En fonction de la personne
d'abord: la langue formule l'existence, les besoins, l'environnement,
les sentiments, etc. On se parle, on pense, on rêve, etc.
2-
En fonction de l'échange entre
personnes de proche en proche, s'il y a partage de la même langue.
(On reviendra en analogie avec cette fonction lorsqu'on traitera de
l'interactivité avec l'ordinateur). C'est le langage dans la
vie quotidienne, c'est l'art de la conversation.
3-
En fonction des grands enjeux de la vie sociale,
on retrouve des discours différents. Différentes personnes
parlent, qui a autorité, qui dit vrai?
A
ce niveau, 3 manières d'utiliser la parole et la langue:
3.1-
Pour les idéologies, les philosophies, les religions, c'est
la quête du sens. Entre
autres,
par les récits, pas scientifiques
mais significatifs. Le plus ancien, le récit de la création
avec des jours pour aider la mémoire et avec congé le
samedi à cause du sabbat ou des syndicats. L'homme et la femme
sont arrivés le vendredi soir.
récit
création, voir le tout début de la Bible Genèse
1
par
les rites, des paroles et des
gestes qui portent sur des symboles plutôt que le réel.
rite:
ex. prenez et mangez,... faites ceci en mémoire de moi
3.2-
Pour l'enseignement, on a la classe
qui fut élaborée pour dispenser l'écrit mais
qui est organisée pour l'oral. Un professeur qui parle dans
un milieu plus ou moins silencieux et des élèves qui
écoutent mais comme leur mémoire est défaillante,
ils prennent des notes.
Émetteur médiaRécepteur
Schéma
classique de la communication: 1- un émetteur, 2- un média, la parole, une technique : la langue, 3- des récepteurs ou élèves qui en feedback
retournent au professeur la réponse qu'il veut entendre, sinon
il va répéter...
On
va y revenir régulièrement. L'école n'est pas
finie..!
Saviez-vous?
Les
décibels mesurent l'intensité du son comme une
pression mais il faut vraiment parler fort pour influencer la
pression atmosphérique!?! (Une farce ici, c'est impossible,
même amplifiée au maximum, une voix n'est qu'une
petite pression en comparaison de la pression atmosphérique).
Il
faut un écart de 15 décibels entre la voix ou
signal et le bruit de fond. Même dans le fond de la classe.
Je parie que bien des enseignants ne passeraient pas le test.
Pour parler, il faut une technique et une puissante machine
à parole que tous n'ont pas. Et on ne parle pas de l'articulation,
du niveau de langue, de la cohésion entre les parties
du discours, etc.
Alors,
on devrait choisir les enseignants avec des critères
semblables à ceux des chanteurs? Hélas oui. Il
y a des tons insupportables, ennuyeux, bas et non modulés.
Ces gens devraient choisir une autre profession.
Lors
d'une journée pédagogique, si vous allez au restaurant
et qu'un groupe de personnes parle plus fort que tous les autres,
gagez que ce sont des enseignantes. Vous gagnerez...
3.3-
Pour les discours, on a La technologie
du discours ou la rhétoriqueLa parole et la langue
ont 3 fonctions; on a vu
1- la révélation à soi, le rêve,
on se parle, 2- on parle dans l'échange ou la conversation et 3- on parle encore dans la vie sociale par les récits,
les rites, l'enseignement et les discours. C'est à ce dernier
point qu'on s'attaque: la rhétorique
ou l'art de bien parler.
C'est une vieille technique qui remonte à Aristote, Platon,
Cicéron, Quintilien et aujourd'hui on a des spécialistes
des communications qui font essentiellement ce même travail,
notamment en temps d'élections.
D'abord, en direct, l'orateur
est présumé l'auteur
surtout s'il n'a pas de texte.On va expliquer les grands points
de cette vieille technique, la rhétorique:
1- la sélection, 2- le style, 3- la persuasion, 4- la mémoire et 5- la présentation ou prononciation.
3.3.1-
Disposition: sélection,
arrangement, proportion des parties
Sélection
des supports, éliminer le jargon trop scientifique, utiliser
des clichés pour favoriser la mémoire, métaphores,
mots-images, analogies.
Ajouter
des digressions pour contrer
l'inattention des auditeurs. La télé connaît
cela elle ne fait que des digressions. Ajouter une teinte d'humour
aussi, ce que les professeurs ne font pas souvent.
La
logique ne suffit pas. Il faut rendre l'audience bien disposée
envers l'orateur, c'est une question d'émotion. Il faut
exagérer les grandeurs et les petitesses, mettre de l'emphase,
rafraîchir les mémoires.
3.3.2-
Élocution ou STYLE.
Le
style c'est l'homme. On reconnaît quelqu'un à son
style. Utiliser des images, des mots-images, des tournures. (Quant
à moi, j'aime bien multiplier les analogies comme dans
l'ancien temps.) En même temps, il faut respecter l'auditeur
qui peut prendre la métaphore au premier degré,
bref, montrer par sa remarque qu'il ne comprend rien. Il faut
avoir le bon mot et ne pas parler comme des contrats.
3.3.3-
Invention, persuasion, argumentation.
Aristote parle de présenter les preuves en moyens non artistiques
et artistiques
Les moyens non-artistiques
sont les contrats, les témoins, les preuves, les lois,
les ordres, etc. Comme c'est ennuyeux.
Les moyens artistiques se
regroupent autour des termes grecs Ethos, Pathos, Logos.
Ethos donne
éthique, une qualité de l'air du temps, l'orateur
doit se faire accepter, il doit démontrer un sentiment
de vérité, de justice. En même temps, il doit
constater la bonne volonté des auditeurs. Éviter
le manuscrit qui marque une sortie de l'environnement car lire
à voix haute un texte, ce n'est plus tout à fait
parler aux auditeurs.
Pathos c'est l'émotion,
la persuasion qui ne doit pas être fausse. Être dramatique,
juste quand il le faut. Ne pas se prendre au sérieux.
Logos. Raison, argument, rigueur.
Scientifique s'il le faut mais on doit alors tenir compte de l'auditoire
qui peut avoir de la difficulté à suivre un discours
trop raisonnable.
3.3.4-
Mémoire et Aide-mémoire
Saviez-vous
que la mémoire joue un rôle très important
dans les discours et les diverses oeuvres de la parole?
On
dispose de deux sortes de mémoire: la mémoire de
travail ou à court terme et la mémoire stable, à
long terme.
Qu'arrive-t-il
si le téléphone sonne et qu'on demande à
parler à quelqu'un d'absent? L'interlocuteur veut donner
un numéro de téléphone mais on dit minute
et on cherche un papier et un crayon, une technique appropriée
pour conserver la mémoire qui oublierait un tel numéro
entendu pour la première fois.
Avant
d'être désorienté et d'oublier, on ne peut
retenir qu'environ sept éléments selon la théorie
de Miller. En effet, la mémoire à court terme est
très petite, elle doit constamment regrouper et reconstruire.
Dans
un discours, rien de pire que de perdre le fil, que de ne pas
suivre sa propre structure et que de lire. Heureusement, si les
notes sont projetées, l'orateur reprend son rôle.
Les auditeurs pensent que cette projection est là pour
les éclairer tandis que c'est d'abord l'orateur qui y trouve
un aide-mémoire.
3.3.5-
Prononciation
Qualités
ordinaires d'articulation, de présentation externe, de
respect de l'auditoire, bref de technique de présentation.
De
nos jours, si on utilise de la technique, c'est à ce niveau
qu'il faut situer la préoccupation.
L'ORALITÉ
SECONDE
Les
nouvelles technologies ont étendu l'oralité dans tous
les sens possibles. L'amplification dans une salle, le téléphone,
le téléphone cellulaire portatif, la radio, les balladeurs,
les bandes sonores du cinéma ajoutées au cinéma
muet d'abord, l'audio de la télévision, l'audio des
multimédias. De plus, lorsqu'on considère l'oralité
en mode de réception ou d'écoute, il faut à la
parole ajouter les bruits et la musique comme sources auditives.
L'amplification
de salleun à plusieurs : Une des
caractéristiques de l'oralité première c'est
le partage du même temps
et du même lieu par les interlocuteurs. Pour permettre l'audition
à plusieurs personnes dans de grands locaux, on utilise l'amplification
avec le haut-parleur. Ce terme est bien significatif puisque l'orateur
devient lui-même un haut-parleur. Le son voyage donc du microphone
(petite voix) au haut-parleur (au parleur fort).
Ce
n'est pas le lieu d'explications techniques mais chacun doit connaître
la technologie générale de l'amplification. Elle prend
ici la forme de conseils.
1-
L'approche du microphone doit se faire naturellement. Si
le système sonore est organisé, il n'y a pas lieu de toucher
au microphone en y arrivant. C'est la distance entre le micro et la
bouche qui compte, donc l'angle ou le déplacement de quelques
centimètres ne signifie rien. (On ne
touche pas au micro la plupart
du temps)
2-
L'usage d'un microphone ne doit pas faire diminuer le ton. On
continue à projeter comme si le microphone n'était pas
présent. (À la radio, on adopte un ton plus conversationnel)
Bref, on parle fort, lentement et avec une
bonne articulation. On attend le retour du son avant de continuer.
3- Petit problème pour tous ceux qui ont à parler
en public
Que
faire si le système d'amplification s'emballe et rend
un feedback fort et détestable?
a-
Éloigner le microphone du haut-parleur?
b- Placer la main sur la capsule du microphone pour
en fermer les orifices?
c- S'éloigner du microphone pour que la pression
avant et arrière s'annule, ce qui va faire taire le
feedback?
d- Replacer le microphone sur son support?
La
réponse «a» est une bonne solution
mais cela aurait dû être fait avant l'arrivée
des gens.
Le «b» est totalement faux car un microphone
unidirectionnel respire la pression de l'air ambiant entre
l'avant et l'arrière. Le feedback est créé
par un débalancement. Or fermer des orifices en arrière
ou en avant, c'est pire. Le feedback va augmenter.
Le
«c» est excellent, il applique la théorie
expliquée juste avant.
Le
«d» est excellent si le feedback est
apparu en prenant le microphone, toujours pour la même
raison. En bouchant les orifices, on nuit aux pressions
de l'air venant du devant et du derrière et qui doivent
s'annuler.
Le
téléphone:
un à un: rien
de spécial à dire au plan de la technologie
personnelle puisque même les bébés s'y
acculturent très vite. Cependant, si le même
temps est partagé, c'est le lieu qui ici est différent.
Le
téléphone cellulaire: un
à un: vient changer les règles du
lieu de la parole et de l'écoute. La personne traîne
son lieu avec elle. Pas surprenant que cette habitude soit
détestable dans les autobus et les restaurants car
le lieu reste étranger aux auditeurs involontaires.
La
radio: un à plusieurs:
suppose un message public partagé à plusieurs
et un décalage dans l'espace et dans le temps.
Le
radio balladeur: comme la radio mais l'usage dans
un endroit public dérange parce que le lieu n'est pas
désigné. L'auditeur vit dans son environnement.
Une telle contrainte n'existerait pas s'il s'agissait seulement
d'images comme dans une télébaladeuse sans son
parce que la vue des choses se fait dans le silence et ne
crée pas de désorientation environnementale,
du moins pour les gens de l'entourage.
Le
cinéma, la télé, l'écoute du stéréo
retrouvent le lieu précis de l'audition. Mais ces lieux
sont moins propices quand ils sont domestiques et non spécifiquement
désignés pour l'écoute. Il n'y a pas
d'impact média particulier à noter sauf s'il
y a des bruits créés en périphérie
de l'écoute.
L'audio
des multimédias arrive souvent comme un
dérangement dans la vision de l'interface surtout si
le CD-Rom utilise une musique en boucle dont la répétition
a l'heur d'ennuyer. Les concepteurs graphistes n'ont encore
rien compris au son.
CONCLUSION
En
guise de synthèse, quelques questions qu'on peut se poser (Cela
n'est pas exigé dans le travail à remettre)
Quelles
sont nos forces et nos faiblesses relatives à l'utilisation
de la langue comme haute technologie?
Quelles
langues, à quel niveau de perfection?
Quelles
compétences en audition? Avons-nous de la difficulté
à rester concentré lorsque le professeur parle?
Quelle
élocution? Est-ce que nous nous adaptons à nos auditeurs?
(autant qu'on s'adapte lorsqu'on parle à un bébé?)
Quelle
prononciation? Quel débit pour les oreilles moins habituées?
Quelle intensité, compte tenu du local?